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COMPTES RENDUS DE CONFERENCES

 2003

 

COMPTES RENDUS DE CONFÉRENCES 2001-2002

 

 

 

 

CONFÉRENCE

du

5 Décembre 2001

 

« Le graveur Jean-Pierre Droz»

par M.  Jean-Marie Darnis, archiviste de la Monnaie de Paris,

& M. Charles Froidevaux, numismate suisse, doc­teur ès sciences économiques

 

 

Le célèbre graveur Jean-Pierre Droz, d'origine neuchâ­teloise, qui occupa à Paris la fonction de « Conservateur des médailles et jetons de la Monnaie des médailles ». Cette conférence a permis aux membres présents de faire la distinction entre les vrais écus d'Alexandre Berthier réalisés par Droz et les faux pour collectionneurs exécutés après 1830 à Bruxelles. Les originaux possèdent une tranche réalisée à partir d'une virole brisée à cinq parties tandis que les frappes tardives n'en présentent que trois. Les conférenciers ont également montré que les coins belges sont des copies, si bien qu'ils présentent de notables différences avec ceux exécutés par Droz. Ils ont en outre prouvé que les puta­tives épreuves en étain sont à classer parmi les faux moulés notamment parce que les bulles de surface ne pouvaient provenir de coins rouillés, ceux-ci étant toujours dans un parfait état de conservation à Neuchâtel. Jean-Marie Darnis a savamment montré les difficultés que rencontra Droz pour mettre en place ses nouveaux procédés moné­taires. Sous Louis-Philippe, ceux-ci seront adaptés après sa mort et donneront nais­sance à la virole brisée à trois parties.

Pour plus de renseignements : Cf. Froide­vaux (Charles), « Neuchâtel, vrais et faux écus de Berthier », Gazette numismatique suisse, avril 1999, n° 193, p. 5-21.

                                                               A. Clairand

 

 

 

 

CONFÉRENCE

du

2 Janvier  2002

 

 

« Travaux d’informatisation de l’inventaire des Médailles déposées à la Monnaie de Paris»

par M. Jean-Luc Desnier

chargé de collections à la Monnaie de Paris

 

Ces travaux de remise à jour et d'informatisation de l'inventaire de la col­lection de plus de 70 000 médailles de la Monnaie de Paris, mobilisent depuis plus de quatre ans une équipe de cinq vacataires dont plusieurs étaient pré­sents autour de M. Jean-Luc Desnier pour l'assister dans sa conférence. Ces médailles, dont quelques-unes ont été montrées sous forme de projection de diapositives, ont été apportées pour une part importante à la col­lection conformément aux réglementations sur le dépôt légal de la part principalement des graveurs.

L'ancienneté de ces médailles-là ne remonte pas au delà de 1900. Mais la collection com­porte aussi des refrappes effectuées princi­palement pendant la deuxième moitié du XIXe siècle et de médailles remontant jus­qu'à Louis XIV. II convient de se rappeler que cette collection est un sous-ensemble d'un musée qui est d'abord un musée d'ou­tillage monétaire, et que son inventaire était resté en friche pendant soixante-dix ans d'où un énorme retard à rattraper, dont on profite pour informatiser le tout, en utilisant un logiciel récent qui émule un hardware suffisamment puissant pour enregistrer le volume monumental d'informations que représente ce nouvel inventaire; et per­mettre tous les traitements de recherche et de classement utiles aux chercheurs. A ce propos, il a été signalé que les collection­neurs de médailles sont beaucoup moins nombreux en France, qu'en Allemagne, en Italie et de plus en plus au USA; d'où l'inté­rêt de faire connaître ce qui peut oeuvrer à rattraper ce retard. Se trouvaient aussi pré­sents à cette réunion, notamment, MM. Hubert Zehnacker, président de la SFN (Société Française de Numismatique), Michel Amandry, directeur du Cabinet des médailles (qui détient un ensemble de médailles très important en plus des collec­tions monétaires), Jean-Marie Darnis, archi­viste de la Monnaie de Paris qui a apporté des informations complémentaires. Le tout s'est achevé par un champagne d'honneur offert par Madame Luce Gavelle, présidente de la SENA, pour fêter aussi la nouvelle année.

Jacques Thilliez

                                                            

 

 

 

CONFÉRENCE

du

6 Février 2002

 

« Le passage du Franc à l'Euro»

par M. Laurent Schmitt, ancien président de la SENA

 

L'histoire moné­taire à été jalonnée d'apparitions de nou­velles coupures, et on a déjà connu au moins un changement radical de système monétaire, sous le Directoire, lorsqu'on est passé du système de l'Ancien Régime qui remontait à Charlemagne au système déci­mal. Ces événements du passé ont été mar­qués par une progressivité et même de l'hystérésis dans le changement : ainsi, on a vu jusque sous le Second Empire continuer de cir­culer des divisionnaires en cuivre ou en bronze d'avant la Révolution, et on conti­nuait encore à parler de «sous» cent ans plus tard (« pièces de 100 sous » pour 5 francs, etc.). A contrario, le phénomène que nous vivons actuellement est radical (toutes les coupures disparaissant simultanément au profit d'autres basées sur une nouvelle unité monétaire). II est brutal car tout se passe en quelques jours. Et il est univer­sel à l'échelle d'une quinzaine de pays. Beaucoup de « sages » prédisaient l'échec, et ce n'a pas été le cas: le changement a été accepté. Le public n'a pas hésité à faire pro­céder au change de ses liquidités de francs en euros. II faut dire qu'il n'avait guère le choix.

II y a déjà eu dans le passé des tentatives d'unions monétaires: ainsi l'Union Latine sous le Ile Empire. II s'agit ici d'une union monétaire dans le cadre de la constitution d'une union politique, impliquant des aban­dons de pouvoirs de décision et donc d'au­torité par les pays participants au profit d'un pouvoir central commun. L'événement que nous vivons a une dimension historique de première grandeur.

Autre spécificité de l'actualité : un engoue­ment pour la constitution d'une collection de monnaies : en francs à titre de souvenir et en euros pour en réunir tous les types. On voit d'autre part un afflux de particuliers chez les numismates professionnels et les changeurs pour leur présenter des mon­naies conservées quelquefois depuis long­temps. Au-delà d'un phénomène mouton­nier de mode passagère, peut-on parler d'un éveil à la numismatique ? II y a en tous cas une chance à saisir pour qu'une partie d'entre elles continuent durablement de s'intéresser aux monnaies. La numisma­tique a donc une occasion d'élargir son cercle. II est anormal que notre pays conti­nue d'afficher une proportion anormale­ment faible de numismates dans sa popula­tion par rapport à certains de ses voisins.

Au plan moral, on peut dire que les numis­mates ont un devoir de mémoire parce qu'ils détiennent la connaissance, la matière, la documentation et le matériel. Ils sont conservateurs d'un patrimoine qui repré­sente un passé, et qui ne doit pas dispa­raître. Les numismates de tous les temps constituent une chaîne qui transmet des signes de l'histoire afin de les préserver de l'oubli.

                                          

                                                    Jacques Thilliez

 

 

 

 

CONFÉRENCE

du

6 Juin 2002

 

« L'usage des mon­naies dans les sanctuaires de Gaule-Belgique»

par M. Louis-Pol Delestrée

Président de la S.E.N.A.

 

Tout d'abord quelques rappels. En Gaule-­Belgique (Somme, Oise, Aisne), à l'excep­tion du Titelberg sur le territoire des Tré­vires, aucun oppidum n'a été découvert... En revanche, près de 150 sanctuaires ont été recensés : Une quarantaine d'entre eux recèle beaucoup de monnaies dont l'usage n'est pas toujours bien défini. S'agirait-il d'offrandes ? Les offrandes monétaires sont avérées chez les romains. Elles sont la résul­tante d'un contrat entre l'homme et la divi­nité : « je t'offre une pièce l'homme tu réalises mon souhait, mais je ne paie pas d'avance». L'hypothèse de l'offrande ne semble pour­tant pas tenir au regard des découvertes récentes : lorsque la stratigraphie est en place, aucune monnaie pouvant être consi­dérée comme votive n'a été découverte sur un sanctuairé gaulois avant la Guerre des Gaules. Sur le site de Ribemont-sur-Ancre par exemple, (début Ille siècle au début Ier siècle av. J.-C.), quelques rares monnaies sont mêlées à des ossements humains. Ce sont des prises de guerre plus que des dépôts votifs particuliers, au même titre que les armes et torques abandonnés à proxi­mité.

II semble bien que les monnaies déposées intentionnellement en guise d'offrande sur les lieux de culte gaulois ne se trouvent qu'à partir des niveaux julio-claudiens, c'est-à­dire à partir de - 17 av. J.-C. environ. C'est donc à l'époque d'Auguste que l'on constate l'apparition en Gaule-Belgique de la cou­tume romaine qui consiste à déposer des monnaies en guise d'offrandes.

Les dépôts effectués sur les sanctuaires sont souvent conséquents, y compris sur des petits sanctuaires ruraux. Sur celui de Digeon par exemple, plus de 8 000 mon­naies ont été trouvées. La plupart sont des bronzes frappés qui s'inscrivent dans la période s'étendant de la fin de la Guerre des Gaules (-50 av. J.-C.) au règne de Tibère (14 ap. J.-C.) et 40 % d'entre elles sont des potins du « type au personnage courant »...

Ces monnaies, de type identique, sont en trop grand nombre sur le même sanctuaire pour être uniquement liées au culte. II s'agit là d'une circulation monétaire locale.

On peut donc supposer qu'en Gaule-Bel­gique, certains sanctuaires assuraient la fonction de centre émetteur pour un terri­toire limité. Cette hypothèse reste à confir­mer pour la France mais est vérifiée en Alle­magne où l'on a découvert des coins monétaires. Le pouvoir religieux était donc étroitement associé au pouvoir écono­mique.

                                             J.-C. Huckendubler et J. Levitsky

                                                            

 

 

 

CONFÉRENCE

du

4 Septembre 2002

 

 

« Les écritures éso­tériques sur le monnayage d'Extême-Orient »

par M. François Thierry

Conservateur en chef au Cabinet des Médailles

 

 

Les inscriptions sur les monnaies, amulet­tes, etc., sont porteuses d'un message des­tiné à un public, et la sophistication du codage utilisé dépend du degré de culture de ceux qui auront à le déchiffrer. Ce codage est parfois fort complexe, en particulier lorsque plusieurs idéogrammes font l'objet d'un regroupement en un seul qui a été inventé pour l'occasion. Le conférencier en a donné plusieurs exemples en s'aidant de projections qui ont laissé pantois l'auditoire et l'ont rempli de respect pour les spécia­listes de la question, tout en illustrant admi­rablement l'adage du « pourquoi faire sim­ple quand on peut faire compliqué ».

A travers les siècles, les monnayages ont comporté presque exclusivement les pièces en cuivre d'une sapèque percées au centre pour laisser passer une ficelle qui les réunit en guirlande, laquelle peut fort bien être constituée de sapèques d'époques, de types et d'origines fort diverses. On ne s'attardait pas à y regarder de près quand on recevait en paiement une guirlande !

II a existé très minoritairement des pièces valant un multiple de la sapèque : cinq ou dix par exemple. Mais ces tentatives ont toujours été sans lendemain, les habitudes reprenant invariablement le dessus : « on a toujours fait comme cela, donc... ».

Autre aspect important : le monnayage chi­nois a toujours comporté un mélange de monnayages de nécessité locaux. Le confé­rencier a même projeté des vues de mor­ceaux de bambous qui remplaçaient les sapèques en un lieu donné où ils étaient admis comme tels, parce que les inscriptions qu'ils portaient affichaient la marque d'une autorité ou d'un homme d'affaire localement crédible.

Enfin, il en était de même en dehors de la ; Chine dans des pays voisins du sous-conti­nent asiatique, par exemple au Viet-Nam, 1 où circulaient parmi les sapèques loca­les, des sapèques de Chine, du Japon, ou : autres.      

                                                               J. Thilliez

 

 

 

 

 

CONFÉRENCE

du

 2 Octobre 2002

 

 

 

« Euros des micro-États de l'Euroland »,

 

par Chris­tian Charlet, ancien président de la SENA

 

L'union Européenne compte douze états (d'où les douze étoiles figurant sur l'avers des mon­naies du système de l'Euro). Quatre autres micro-états (expression non péjorative accep­tée par les intéressés), qui ne sont pas juridi­quement membres de l'Union Européenne, font aussi partie de l'Euroland : Andorre, Monaco, Saint-Marin et le Vatican. II faut y ajouter le cas particulier du Lichtenstein.

Parmi ces micro-États, Monaco, Saint-Marin et le Vatican exercent leur droit de frapper des monnaies du système du l'Euro. Mais les chiffres de frappes très faibles, qui avaient été jugés a priori suffisants pour la circula­tion monétaire locale, ne sont pas à la hau­teur de la demande des collectionneurs, d'où actuellement un phénomène de spécu­lation. Andorre, qui a renoncé à frapper monnaie dans le système de l'Euro, n'est pas concerné.

Monaco a passé avec la France depuis plu­sieurs siècles des accords d'alignement de son système monétaire, y compris en 1878 à l'époque de l'Union Latine. La principauté fait frapper par l'Hôtel des Monnaies de Paris, dont l'usine de production est à Pes­sac, un ensemble complet de monnaies sur la base du système de l'Euro, à raison de 1/500 des chiffres de frappe de la France.

Saint-Marin, qui est historiquement la plus ancienne république du monde, bat monnaie depuis longtemps parmi les États de la pres­qu'île. Elle s'est alignée sur le système de l'Euro et fait frapper ses monnaies à Rome.

Les Etats Pontificaux, jusqu'en 1870, bat­taient monnaie à Rome, Bologne, et Ancone, mais aussi au Comtat-Venaissin à l'époque de son repli sur Avignon. Depuis l'unification

de l'Italie sous Napoléon III, le Vatican a continué de frapper monnaie, avec ses effi­gies propres mais sur le standard italien, et cela se poursuit avec l'avènement de l'Euro.

Le cas de la principauté du Lichtenstein est très spécial : elle ne fait pas partie de l'Euro­land : sa monnaie est alignée sur la Suisse, mais elle a aussi des accords privilégiés avec l'Autriche qui fait partie de l'Union Eu­ropéenne. On ne sait pas s'il y aura un jour des euros du Lichtenstein.

En final, ont été évoqués Malte et Gibraltar pour lesquels rien de net n'a commencé à se dessiner dans la perspective de l'Euro.

Un échange de questions-réponses a suivi cet exposé : entre autres aspects, on n'a pas manqué d'évoquer le parallélisme entre le système de l'Euro et celui qui a prévalu en Allemagne entre 1871 et 1918.

                                                    Jacques Thilliez

 

                                 

 

 

 

 

CONFÉRENCE

du

 6 Novembre 2002

 

 

« L'atelier monétaire de Lille »     

par M. Arnaud Clairand.

 

Son exposé a commencé par un historique des monnaies lilloises, qui remonte au Moyen Age où on a frappé en quantité des petits deniers d'argent portant spécifiquement l'indication de la cité de Lille. C'est en 1685 que Louis XIV, qui avait conquis la ville sur les Espagnols, a créé l'ate­lier monétaire de Lille pour frapper l'écu de France dit « carambole » et ses divisionnaires (la production en a été inaugurée à Paris et Amiens en attendant que Lille fut prêt), à par­tir de métal récupéré en fondant en « Melting pot » les espèces étrangères qui circulaient dans la région. Ces pièces réservées à la circulation dans les territoires récemment conquis (Flandre, Hainaut, Artois, Luxem­bourg) étaient différentes de celles qui circu­laient dans le reste du royaume, mais ont subi les mêmes campagnes de réformation. La première série a été suivie de trois autres: aux palmes, aux insignes du 1er type, puis de 2e type; deux différents monétaires se sont succédé : un double L puis un seul L cou­ronné. Lorsque la ville de Lille a été assié­gée par les Anglais et les Impériaux en 1708, le maréchal de Bouflers, qui en était gouver­neur, a fait frapper une série de trois types d'obsidionales en cuivre. Puis l'atelier s'est aligné, avec le nouveau différent W, sur les autres ateliers monétaires français, jusqu'à sa clôture définitive, en 1857. Le conféren­cier a ensuite développé ce qui constitue spécifiquement l'objet de ses recherches actuelles encore en cours, avec l'aide du Cabinet des Médailles et de ses archives  : le fonctionnement concret du modèle lillois d'un atelier monétaire à cette époque. En détail, il s'agit de la spécificité des tâches dans ce qu'on appellerait main­tenant l'organigramme de la production, la politique du personnel dans son recrute­ment, sa hiérarchie, sa rétribution, et les contrôles auxquels il était soumis. Confor­mément à la tradition, le conférencier a été enfin soumis au feu des questions indivi­duelles à la mesure de l'intérêt soulevé par son exposé.

                                             Jacques Thilliez

        

 

 

CONFÉRENCE

du

4 Décembre 2002

 

 

«Le tétradrachme d'Antioche - 57 AC/253 AD»,

par M. Michel Prieur, auteur de l'ouvrage « The syro-phenicien tetra­drachms »..

                                                                       

 

Le fait que le tétradrachme syro­-phénicien ait constitué un étalon moné­taire pendant trois siècles est d'importance à divers niveaux : politique, économique, culturel et numismatique.

L'empire romain n'était pas une nation uni­que, mais un ensemble de contrées conqui­ses tout autour du bassin méditerranéen, dont le pouvoir impérial avait maintenu en place les structures traditionnelles. Le tétra­drachme d'Antioche est le successeur direct du tétradrachme séleucide : il a circulé du Taurus à l'Égypte et de Chypre à la Méso­potamie. L'étude des trouvailles a encore pour le moment laissé beaucoup de points obscurs sur l'organisation monétaire de l'époque dans ces contrées : monnaies impériales ou locales, ateliers monétaires et leur rayonnement, signification des légen­des en caractères grecs et latins (les deux cohabitant sur les mêmes pièces), etc. Pour ce qui concerne Antioche on sait, à cause des divergences typologiques, que deux ateliers monétaires y ont cohabité, un ate­lier impérial sous l'autorité du légat, et un atelier local aux ordres des édiles, dont les sources métalliques et financières étaient distinctes.

Le conférencier a passé en revue les gran­des périodes et leurs caractéristiques typo­logiques : avant Auguste, d'Auguste à la réforme monétaire de Néron, la période de Néron de 59 à 68 à AD, de Néron à Commode (Galba, Vespasien,Trajan, Commode), Marc-­Aurèle, Caracalla, Macrin, Elagabal, Gordien III et la nouvelle guerre parthique, Philippe, et enfin les dernières frappes sur l'étalon du tétradrachme d'Antioche sous Uranius Anto­ninus l'usurpateur d'Emèse. On sait que le tétradrachme d'Antioche était une monnaie fiduciaire car aucune des trouvailles n'a fait apparaître de tendance à un tri des pièces selon leur poids, les écarts-types des poids et titres étant importants autour de moyen­nes différentes selon les périodes. Sur le plan typologique, le prototype séleucide a rapidement fait place au symbole fédérateur de Ia Tyché, puis à l'aigle déployé surmon­tant un croissant feuillu. On sait que les émis­sions ont été massives, à cause des quanti­tés d'exemplaires retrouvés. On constate une corrélation entre la production moné­taire et les grands évènements : guerres, grands travaux, etc. Mais il subsiste encore beaucoup d'obscurité dans divers domaines, ce qui laisse champ ouvert à la recherche.

 

                                          Jacques Thilliez

 

 

 

COMPTES RENDUS DE CONFERENCES

 2003